CODITOGO dénonce le parjure et l’abus d’autorité du Procureur général du Togo

CODITOGO dénonce le parjure et l’abus d’autorité du Procureur général du Togo

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

CODITOGO dénonce le parjure et l’abus d’autorité du Procureur général Blaise Essolisam Poyodi et demande la libération des nommés ALFA Ibrahim, SEBABE GUEFFE Tchah et BOUKARI Abdoul Razak, arbitrairement maintenus en détention à la prison civile de Lomé.

 Le 31 août 2022, la Chambre d’instruction de la Cour d’Appel de Lomé rendait en ces termes son arrêt N°086/2022 : « PAR CES MOTIFS, […] Au fond, dit cette saisine et appel bien fondés ; Vu les dispositions de l’article 167 du code de procédure pénale ; Constate qu’elle n’a pas été mise en état dans le délai légal pour se prononcer sur le bien-fondé ou non de l’appel dont s’agit ; Enjoint par conséquent, au Procureur général près la Cour d’appel de céans, de mettre en liberté d’office, les inculpés SEBABE-GUEFFE TCHASSANTE Nouridine, ALFA Ibrahim et BOUKARI Abdou Razak en application des dispositions du texte susvisé, s’ils ne sont retenus pour autre cause ».

Cette décision fait suite à la saisine directe, le 21 juillet 2022, de la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé, par le Conseil des inculpés, Maître AMAZOHOUN Ferdinand de la SCPA FEMIZA ASSOCIES, Société d’avocats au Barreau du Togo, pour voir constater la violation de l’article 167 du Code de Procédure Pénale qui dispose que : « Celle-ci doit, en matière de détention préventive, se prononcer dans les brefs délais et au plus tard dans les trente jours de l’appel, sauf si des vérifications concernant la demande de mise en liberté ont été ordonnées. Si aucune décision n’intervient dans le délai visé à l’alinéa ci-dessus, l’inculpé est mis en liberté d’office sur l’initiative du Parquet général ».

Mais malgré cette décision qui ordonne leur libération, les nommés ALFA Ibrahim, SEBABE GUEFFE Tchah et BOUKARI Abdoul Razak, inculpés d’apologie de crimes et délits et groupement de malfaiteurs puis placés sous mandat de dépôt depuis le 09 février 2022, sont encore en détention à ce jour, et pour cause, le Procureur général près la Cour d’Appel de Lomé, Blaise Essolisam POYODI, refuse catégoriquement, sans motif aucun, d’émettre les ordres de mise en liberté, ce, en violation des articles 27 et 179 du code de procédure pénale. Selon l’article 27, « Le Procureur Général est chargé de veiller à l’application de la loi dans toute l’étendue du ressort de la Cour d’Appel », et l’article 179 fait obligation au Procureur général de faire, « sans délai, retour du dossier au juge d’instruction après avoir assuré l’exécution de l’arrêt ».

Le Procureur général Blaise Essolisam POYODI est resté immuable sur sa position arbitraire et liberticide, caractéristique d’un véritable abus d’autorité, ce malgré toutes les démarches effectuées par le Conseil des inculpés, notamment la saisine des missions diplomatiques et consulaires accréditées au Togo, des institutions et organisations de défense des droits de l’homme, La Médiateur de la République, des autorités gouvernementales à savoir le Garde des Sceaux, ministre de la justice et son collègue des droits de l’homme, chargé des relations avec les institutions de la République. Mais malgré les multiples interventions de certaines de ces institutions et organisations auprès du Procureur général, ce dernier n’a cru devoir lâcher du leste et est resté figé sur sa position arbitraire et autoritaire, comme si le parquet général près la Cour d’Appel de Lomé était sa propriété privée.

Mieux, dans la correspondance du 24 août 2022 que l’avocat des inculpés a adressée au Garde des Sceaux, ministre de la justice, il a été rappelé que l’un des prévenus, le nommé ALFA Ibrahim, souffre de pathologie liée au cœur et nécessite des soins spéciaux qu’il ne peut recevoir en milieu carcéral, avec à l’appui un certificat médical ; mais le Garde des Sceaux, ministre de la justice, Pius Kokouvi AGBETOMEY et le Procureur général Blaise Essolisam POYODI, sont restés insensibles à cette démarche.

En procédant comme il le fait, le Procureur général Blaise Essolisam POYODI a ravalé son serment de magistrat, en violation de l’article 7 de la Loi organique N°91-11 du 21 août 1996 fixant Statut des magistrats qui dispose que : « Tout magistrat, avant d’entrée en fonction prête serment en ces termes : « Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialité, … et de me conduire, en tout, comme un digne et loyal magistrat » ; et procède à l’instauration de l’arbitraire pure, que prohibent les articles 13 et 15 de la Constitution togolaise du 14 octobre 1992, et les instruments internationaux de protection des droits de l’homme auxquels le Togo est partie.

En effet, aux termes des dispositions de l’article 112 de la Constitution togolaise du 14 octobre 1992 : « La justice est rendue sur le territoire de la République au nom du Peuple Togolais ». L’article 113 du même texte dispose : « Le Pouvoir Judiciaire est indépendant du Pouvoir Législatif et du Pouvoir Exécutif. Les juges ne sont soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité de la loi. Le Pouvoir Judiciaire est garant des libertés individuelles et des droits fondamentaux des citoyens ».

Avec cet énième acte, le Procureur général Blaise Essolisam POYODI prend activement sa part et marque, de manière indélébile, ses empreintes au nombre des magistrats qui font de la justice togolaise un cimetière des droits de l’homme et des libertés fondamentales, un véritable frein à l’avènement de l’État de droit et de la démocratie au Togo.

L’on se rappelle que c’est ce magistrat du ministère public, Blaise Essolisam POYODI, qui était directeur des enquêtes dans la ténébreuse affaire des incendies des grands marchés de Kara et de Lomé dans laquelle d’honnêtes citoyens, militants et responsables de partis politiques et d’organisations de la société civile, avaient été arbitraient arrêtés et maintenus, pendant plus de sept (07) années, en détention préventive, avant de recouvrer plus tard leur liberté, sans aucune forme de procès. Monsieur Étienne YAKANOU, militant de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) y trouva la mort en détention.

L’on se rappelle que c’est également ce magistrat, bassement et servilement au service du régime rpt/unir, qui a placé des centaines de militants et responsables des partis politiques et d’organisations de la société civile, arrêtés et torturés, sans qu’aucune enquête sur les allégations d’actes de torture et de mauvais traitements ne soit ouverte, alors que des stigmates de pareils actes étaient encore très apparents sur le corps des victimes. Le cas récent des personnes arrêtées dans l’affaire dite de « Tigre révolution » est révélateur de cette affirmation ; plus d’une dizaine de détenus sont décédées en prison des suites de ces actes de torture.

CODITOGO condamne fermement cet abus d’autorité du Procureur Blaise Essolisam POYODI et l’invite instamment et sans délai à émettre les ordres de mise en liberté en faveur des nommés ALFA Ibrahim, SEBABE GUEFFE Tchah et BOUKARI Abdoul Razak, et ce en exécution de l’arrêt N°086/2022 du 31 août 2022 de la Chambre d’instruction de la Cour d’Appel de Lomé.

CODITOGO interpelle le Conseil Supérieur de la Magistrature et l’Ordre des Avocats du Togo à s’impliquer activement dans cette affaire et d’autres similaires, afin que force reste à la loi.

CODITOGO rend entièrement et pleinement responsables messieurs Pius Kokouvi AGBETOMEY, Garde des Sceaux, ministre de la justice et Blaise Essolisam POYODI, Procureur général près la Cour d’Appel de Lomé, pour tout ce qu’il adviendra aux nommés ALFA Ibrahim, SEBABE GUEFFE Tchah et BOUKARI Abdoul Razak.

Canada, le 30 octobre 2022,

Le Coordinateur général,

Che Hellu Nyamassadji Alphonse Lawson

TOGO: état de la gouvernance et de la gestion des ressources et leurs impacts

TOGO: état de la gouvernance et de la gestion des ressources et leurs impacts

Ce sujet a été présenté en conférence à l’assemblée générale de CODITOGO à Freiburg, Allemagne le 6 août 2022

Montréal, 1er septembre 2022

 Par Joseph Atounouvi 

Nobert zongo disait que « personne n’a un avenir dans un pays qui n’en a pas ».

C’est dans cette optique que les Pères fondateurs du Togo indépendant s’étaient attelés à la construction d’une nation prospère. Ils étaient donc conscients que le développement doit être une quête jalonnée de défis multiples.

Des décisions fortes et visionnaires ont été prises, notamment :

  • Refus (Sylvanus Olympio) de signer le pacte colonisation et paiement de la dette coloniale exigée en contrepartie; qui pourrait atteindre 40 % du budget du Togo naissant (1963);
  • Faire passer sa part de 2% à 20% dans la compagnie d’exploitation des mines CTMB (compagnie togolaise des mines du Benin);
  • Le rachat avec sur fonds propres de la UNELCO, la seule compagnie d’électricité du pays, entre autres. Finalement;
  • Le Togo souverain voulait battre sa propre monnaie, afin d’être « Maître de son Destin »;
  • Dès le 20 juillet1960, moins de 3 mois après la proclamation de l’indépendance le 27 avril, les nouvelles autorités togolaises signeront un accord de coopération économique avec l’Allemagne Fédérale pour la construction d’un port de Lomé, dont la pose de la première pierre se fera le 23 novembre 1962;
  • Le Togo projeta de sortir du mécanisme CFA et d’adopter sa propre monnaie. Hélas, le colon ne concevait pas ce divorce et assassinat le premier président du Togo le 13 janvier 1963, à la veille de l’annonce du Franc du Togo.

Les indicateurs comparatifs compilés dans le tableau ci-dessous témoignent de cette volonté de bâtir un Togo prospère.

1960 Togo Benin Burkina Faso Ghana
Population 1 568 508 2 431 617 4 829 289 6 635 229
Espérance de vie 40,30 37,27 34,43 45,84
(%PIB) Balance commerciale -0,42% -5,99% -10,98% -7,25
Valeur ajoutée agriculture au PIB 54,88% 46,16% 38,48% 40,85%
Médecins (par 1000 hbts) 0,02 0,04 0,01 0,05
Dépenses militaires (% PIB) 0,27% 0,87% 0,68% 1,71%
Source:perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays


Le potentiel naturel du Togo

Les ressources minières

Région maritime :


Région des plateaux

  • Il y a du cuivre, le nickel, le chrome et l’aluminium dans le massif Agou;
  • La chromite dans les monts Haïto;
  • De l’or dans les formations métasédimentaires de l’Atakora;
  • Du marbre dolomitique de Gnaoulou estimé à 430.000 tonnes par mètre de profondeur.


Région centrale

  • Des indices polymétalliques en sulfures et en or à Agbandi;
  • Le phosphate, le fer à Pagala;
  • le cuivre, le nickel, le chrome, le bauxite, l’uranium, etc.

Région de la Kara

  • L’uranium dans le secteur de Niamtougou, du fer estimé à 500 millions de tonnes (teneur 45% de fer) à Bandjéli;
  • Des phospharénites à Bassar et des indices métalliques de cuivre, nickel et chrome dans le massif Kabyè;
  • De l’or dans la structurale de l’AtaKora;


Région des savanes

Des indices de manganèse à Nayéga au sud-est de Dapaon, avec un potentiel de 60.000 tonnes.

Les ressources hydrographiques

Sur la plan hydrographique, la nature est autant généreuse avec la Togo. Ainsi son territoire est naturellement irrigué par des systèmes lagunaires, des lacs, des rivières et fleuves tels que le Zio, le Haho, le Mono, l’Anié, L’Ogou, l’Oti, la Kara, le Kéran, le Koumougou, et d’autres. Bref, les eaux de surface y sont drainées par quatre bassins versants, notamment l’Oti, le Mono, le lac Togo et les frontaliers orientaux.

Il y a au Sud du pays un climat subéquatorial qui se décline en 4 saisons, dont une grande saison des pluies (d’avril à juillet) qui succède à une grande saison sèche (de décembre à mars). Et au Nord du pays on a un climat tropical à deux saisons plus tranchées; dont la dorsale pluviométrique de l’Atakora est la plus arrosée du pays.

Ces ressources naturelles offrent des potentiels énormes pour la maitrise de l’eau qui est le nœud d’une agriculture autosuffisante. Malheureusement, il manque la vision et la volonté pour l’atteinte de cet objectif.

Le Togo, plus de 62 ans après son indépendance

Le Togo économique en 2022

Le manque de vision, d’efficacité et de patriotisme font que le Togo 62 ans après la reconquête de son indépendance se retrouve à la traine de ses voisins; malgré son potentiel relatif plus élevé.

  • Le secteur primaire (l’agriculture en grande partie) contribue au PIB à hauteur de 22% (2020);
  • Le secteur secondaire; la fabrication de produits alimentaires, la construction, la distribution (eau, électricité, gaz); apporte 23% du PIB ;
  • Et le reste du PIB (55%) vient du secteur tertiaire (commerce, port, aéroport, secteur financier, …);
  • le secteur informel est responsable de plus de 50% de la valeur ajoutée des différentes branches de l’économie togolaise.
  • les principales exportations sont le clinker, les phosphates, le coton-fibre, café, cacao et recensement le Soja, le sésame.
  • Les activités du port représentent hors aide extérieure 60% des recettes publiques (coface.ca/fr).

Les indicateurs quantitatifs et qualitatifs ci-dessous constituent un bref aperçu de cet état de fait.

2020 Togo Benin Burkina Faso Ghana
Population 8 278 737 12 123 198 20 903 278 31 072 945
Espérance de vie 61,04 (2019) 61,77 (2019) 61,58 (2019) 64,07 (2019)
PIB par habitant ($US constant 2010) 692,51$ 1274$ 815,48 1848$
Part investissement public vs investissement total (2010) 12,5% 18% 38,7% 38,2%
Valeur ajoutée agriculture au PIB 18,78 20,43 27,11 18,24
Médecins (par 1000 hbts) 0,03 (2017) 0,08 (2018) 0,08 (2017) 0,14 (2017)
Dépenses militaires (% du PIB)- 2019 3,12% 0,65% 2,43% 0,44%
Indice de démocratie 2,80

(141e sur 167)

5,09

(94e sur 167)

3,73

(116e sur 167)

6,50

(59e sur 167)

Indice de corruption 29

(134e sur 179)

41

(83e sur 179)

40

(86e sur 179)

43

(75e sur 179)

Indice du bonheur

(2021)

4,107

(136e sur 149)

5,045

(99e sur 149)

4,834

(113e sur 149)

5,088

(95e sur 149)

IDH (2019) Indice de développement humain 0,515

(167e sur 189)

0,545

(158e sur 189)

0,482

(182e sur 189)

0,611

(138e sur189)

Source : //https://perspective.usherbrooke.ca


Une gouvernance défaillante, davantage axée sur les dépenses de prestige et l’image

Le chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé est l’un des plus voyageurs mais, pour quelles retombées après 17 ans de confiscation du pouvoir, quand on sait ce que représentent les dépenses pour ces déplacements officiels et la pression qu’exercent ces voyages sur les réserves de devises.

Ci-après un aperçu des voyages officiels hors pays de Faure Gnassingbé (presidence.gouv.tg)  :

  • En 2016, au moins 26 voyages selon Jeune Afrique (13.12.2016); ce qui donne un voyage aux deux semaines;
  • En 2018, 22 voyages, une moyenne de 1 voyage aux 17 jours;
  • En 2019, on note au moins 29 voyages; soit 1 voyage aux 12 jours;
  • En 2020, tout de même 8 voyages, malgré la pandémie COVID-19;
  • En 2021, la cadence est remise pour 21 voyages;
  • Et à la mi-juillet de 2022, on compte déjà 7 ou 8 voyages;


Une administration inefficace et des domaines de l’État bradés 

La fonction publique togolaise

  • Une administration relativement pléthorique, cependant avec très peu d’acteurs sur le terrain. Pendre note que le Togo comptait 57835 fonctionnaires en octobre 2020 dont 7000 cadres A1 et près de 13300 A2 (Le tableau de bord de l’économie togolaise de janvier 2021);
  • Le service au citoyen très centralisé, inaccessible aux citoyens des zones rurales;
  • Il y aurait seulement environ 143 000 togolais employés dans le privé et un total de 147 204 employés affiliés à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale).


Le bradage des domaines de souveraineté de l’État

Tout est bradé tous azimuts dans une totale opacité:

  • la de la BTD, de la SNI et des sociétés d’État (TOGOCOM, Togo Cellulaire, NSCT ex-SOTOCO, etc), la privatisation partielle en juin 2021 du MIFA; la « curieuse cession » de la BTC à un prix qui est probablement inférieur aux immobilisations de cette banque;
  • Actuellement seule l’UTB est la seule banque encore plus ou moins dans le giron de l’État, cependant elle est en attente de privatisation.


Des lignes budgétaires élaborés ou décaissées, mais sans réalisations

Malgré les épithètes attribuées aux budgets successifs, le résultat de la gestion publique est maigre, voire absent. C’est ainsi que des projets, des programmes ou autres seront intégrés dans des lignes budgétaires de l’État et décaissés sans pouvoir se concrétiser; comme:

  • FNSI : Fond National de Finances Inclusives;
  • DOSI : Délégation à l’Organisation du Secteur Informel;
  • DSRP : Document Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté, version 1 et 2;
  • SCAP : Stratégie de Croissance Accélérée pour la Promotion de l’emploi;
  • PUDC : programme d’Urgence pour le Développement Communautaire;
  • Les projets filets sociaux et services de base et d’opportunité d’emploi pour les jeunes vulnérables lancés le 6 février 2018;
  • PND : le Programme National de Développement 2018-2022, du 3 août 2018; dont les objectifs étaient :
    • Un financement global de 8,3 milliards $US (65% secteur privé et 35% public);
    • Un cap de 7,6% de croissance à l’horizon 2022;
    • 50% de taux de bancarisation et 1 million d’emplois dont 500 000 directs.


La captation des deniers publics par la minorité dirigeante

Le Togo actuel est caractérisé par une corruption endémique doublée d’une totale impunité. Seulement durant la dernière décennie, les scandales financiers révélés par les médias totalisent plus de 2000 milliards F CFA:

  • 12 milliards du FER (Fond pour l’Entretien Routier);
  • 520 milliards de la SNPT (Société Nouvelle des Phosphates du Togo);
  • 1,2 milliard de la FTF (Fédération Togolaise de Football);
  • 170 milliards du Port Autonome de Lomé;
  • 100 à 253 milliards de Togo-Telecom;
  • 400 millions de la NSCT (Nouvelle Société Cotonnière du Togo);
  • 20 milliards de la CEET (Compagnie Énergie Électrique du Togo);
  • 26 Milliards de la Route Lomé-Vogan-Anfoin;
  • 17 milliards de l’OTR et récemment;
  • 500 milliards du Petrole-Gate (truquages de marchés);
  • «Wacemgate» dans le secteur du ciment,;
  • « Bolloré Port-Gate » (concession du port autonome contre fraudes électorales);
  • Scandales de rétrocommissions lors des passations de marchés, en particulier dans les travaux publics.


La course aux reconnaissances

Régulièrement des classements élogieux et des récompenses sont publiées et mises de l’avant; dont les exemples suivants :

  • Le Togo, classé dans le top 3 des meilleurs pays réformateurs de la gouvernance en Afrique, publié le 23 novembre 2017;
  • Le Togo, 2e pays le plus intégré dans le commerce maritime international, en Afrique subsaharienne, selon la CNUCED, publié en avril 2018;
  • Le Togo, 3ème pays le plus engagé et préparé pour la mise en œuvre de la Zlecaf, publié le 24 aout 2020;
  • Le Togo, 3ème pays le plus attractif des investissements en 2020 (Africa CEO Forum et Deloitte), publié le 24 septembre 2020;
  • Le Togo gagne 18 places dans le classement mondial de la liberté économique, publié le 6 octobre 2020;
  • Le Togo est le 2ème pays le plus favorable aux femmes en Afrique de l’Ouest, selon le Women, Peace and Security Index, publié le 22 octobre 2019;
  • Le Togo, 2ème meilleur pays africain et 15ème mondial dans la gestion du Covid-19 sur l’échiquier mondial, publié le 31 janvier 2021;
  • Le Togo est le pays où il est le plus facile de faire des affaires, publié le 19 mars 2021;
  • Les USA classent le Togo parmi les 11 pays les plus sûrs au monde, publié le 10 juin 2021;
  • Le Togo fait mieux que les USA, car le Togo a fait plus vite et beaucoup mieux que le programme américain (COVID, publié le 6 décembre 2021;
  • Le corridor routier togolais, 2ème plus performant de l’espace UMOA, publié le 17 décembre 2021;
  • Novissi programme, dont le caractère innovant a été salué par les prix Nobel d’économie 2019 Abhijit Banerjee et Esther Duflo;
  • Le Togo présente le taux de bancarisation strict le plus élevé de l’espace UMOA (26,8 %).

Le pouvoir politique au Togo semble plutôt adopté ce proverbe tchèque « un mensonge répété mille fois devient une vérité ». Friedrich Hegel souligne que « ce qui élève l’homme par rapport à l’animal, c’est la conscience qu’il a d’être un animal…Du fait qu’il sait qu’il est un animal, il cesse de l’être ».

Les conséquences de l’inconséquence politique

Il y a un manque criard d’infrastructures sur tous les plans, notamment la santé, les transports l’éducation et l’agriculture. Ainsi le comparatif ci-dessous souligne l’état de situation au Togo par rapport à ses voisions. Et c’est seulement au niveau des dépenses militaires que le Togo surclasse ses voisins.

 

(en €)

Dépenses publiques/hbt Dépenses en éducation/hbt Dépenses en santé/hbt Dépenses en défense/hbt
2018 2017 2018 2017 2016 2017 2016 2019 2018 2017
Togo 142 120 31 28 27 6 7 25 15 14
Ghana 403 326 77 67 81 20 23 9 8 7
Bénin 174 179 31 36 28 8 6 5 7 9
Burkina Faso 165 171 37 37 22 17 15 18 15 10
Mali 154 174 29 29 22 10 9 21 21 23
Niger 102 90 17 12 13 9 5 13 12 11
Source : https://fr.countryeconomy.com/gouvernement/depenses


Absence de programmes sociaux versus la cherté de la vie

L’absence de programmes sociaux fiables, combinée à la cherté de la vie drainent le togolais lambda vers le dénuement total, malgré les annonces emphatiques dans les lignes budgétaires. Par exemple, près de 54% du « budget citoyen 2021 » affecté au social, donc une mise en œuvre des ambitions de l’axe 1 de la feuille de route 2020-2025.

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) souligne dans son rapport (Enquête QUIBB 2015) que seulement 7,6% des malades au Togo fréquentent les hôpitaux ou les cliniques en milieu rurale où vivent au moins 60% de la population. Pourtant ces paysans et artisans sont les moteurs de l’activité économique, majoritairement informelle.

Aussi le PNUD mentionne que le taux de pauvreté de la population togolaise est à 72%, dont 57% extrêmement pauvre et le taux de malnutrition y est élevé avec 25% des enfants de moins de 5 ans présentant un déficit pondéral en 1998 et aucune amélioration notable n’ayant été signalée depuis.

La Banque mondiale alerte sur le fait que le niveau de pauvreté est deux fois plus élevé en milieu rural (58,8%) qu’en milieu urbain (26,5%) et que seulement 46,9% de la population a accès à l’électricité, et encore là.

Durant la COVID-19 le programme Novissi de transferts monétaires aux ménages ayant perdu des revenus par cause de la pandémie a été lancé. Ce programme aurait seulement en deux mois permis de verser 11,3 milliards FCFA à 566 567 (7,1% de la population) sur les 1 378 381 (17% de la population) inscrits. Cependant aucun détail n’est disponible sur la ventilation réelle de ces fonds, donc est d’une opacité habituelle à cette minorité gouvernante.

La protection sociale des salariés est inexistante (Exemple des 2600 à 3000 travailleurs de la société « AMINA Togo SARL », majoritairement des femmes; licenciés pour raison de grève et qui devraient être repris contre signature d’une lettre de pardon).

L’effectivité de la loi sur l’assurance maladie universelle au Togo (assurance-maladie obligatoire), assurée par l’Institut national d’assurance maladie (INAM) se fait attendre.

L’endettement exponentiel et non structurant

Entre 2017 et 2021, la dette extérieure du Togo a doublé et est alors passée de 550 milliards en 2017, à 600 milliards en 2018, à 751 en 2019, à 981 en 2020 pour finalement atteindre 1031 milliards en 2021. Cherchant des mécanismes de réaménagement en partie de cette dette extérieure abyssale et vide, le Togo fut par exemple le premier pays de l’UMOA à émettre des obligations sur une maturité de 15 ans.
Quant à la dette intérieure du Togo, elle représente en 2021 environ 54% de sa dette publique totale; contre 36% de la dette extérieure représente. Cette dernière repressentait seulement 19% en 2019. Subséquemment, le service de la dette intérieure prend déjà plus de 55,3% des recettes domestiques (LFI 2022).
La dette extérieure est détenue à 48% par les prêteurs multilatéraux (principalement les institutions de Bretton Woods); 46% par les banques commerciales et environ 4% par les partenaires bilatéraux.

Il importe de souligner que le Togo avait pourtant procédé le 22 septembre 2020 à la réévaluation ou au rebasage de son PIB sur la base de SCN 2008 (Système de Comptabilité Nationale 2008); en prenant 2016 comme année de référence. Il eut alors une revalorisation du PIB de 36,5%.

Sans cette opération de rebasage du PIB, le niveau d’endettement du Togo en proportion de son PIB serait beaucoup plus prononcé et qualifié d’inquiétante. D’autres pays de la région ont fait la même opération; notamment le Niger avec 30%, la Côte d’Ivoire avec 38%; le Burkina avec13%, le Sénégal avec 30%, etc…; mais pas dans la même optique.

Et la course à l’endettement continue, ainsi à la mi-mai 2022 le Togo avait déjà procéder à 7 opérations de levées de fonds sur le marché de l’UMOA, totalisant 225 milliards FCFA. Et au 2e trimestre le Togo a emprunté 122 milliards sur le marché de l’UMOA pour l’émission d’obligations de relance (ODR). Le vendredi 8 juillet 30 milliards ont été mobilisés et le vendredi 19 août 2022 ce sont 33 milliards de FCFA qui sont levés.

La cherté de la vie, exemple du prix du carburant

Le 30.03.2022, dans le cadre de l’annonce de premier rehaussement du prix du carburant le gouvernement signalait qu’« en 2019, le pétrole brut était à 18 $ le baril. Aujourd’hui, nous sommes passés à 110 voire 120 $ ».
Cependant le gouvernement n’avait pas réduit le prix du carburant quand le brut était presque gratuit sur les marchés. Alors la plus-value est allée où, dans un fonds de stabilisation par exemple? Dans l’affirmatif, où est ce fonds?

Évolution de prix Début 2022 29.03.2022 10.05.2022 19.07.2022 Variation depuis mars 2022
Super sans plomb 505 595 625 700 38,62 %
Gasoil 520 605 660 850 63,47 %
Pétrole lampant 400 550 580 650 62,5 %
Mélange 2 temps 606 690 718 788 30,03 %


Et une comparaison des prix du carburant et de l’électricité se présente comme suit dans le tableau ci-dessous:

Togo Ghana Benin Burkina Faso Mali Nigeria Côte d’Ivoire
Prix ​​de l’essence 700 1,445$ us 600 715 811 0,424$ 735
Les prix du diesel 850 1,732$ 668 645 809 1,767$ 615
Prix ​​de kérosène 650 1,464$ 851 645 1,834 645
Prix KWh électricité 115,88 0,045$ 123,44 131,08 0,057$ 72,6
 

Salaire minimum

35 000 11,82 ₵/h

2$/h

40 000

à 52 000

36 270 40 000 30 000₦

72€

60 000
source fr.globalpetrolprices.com


Des pistes de solutions dans un « Togo Nouveau »

  • Rendre l’administration, inclusive et accessible avec une « déclaration de service »;
  • Réduire le train de vie de l’État en dégraissant les avantages (bons d’essence, frais de services, primes de voyages et autres) et contrôler les charges;
  • Enclencher une véritable politique de grands travaux pour se doter d’infrastructures d’éducation, de santé publique, de transport, de transformation et stimuler l’éclosion du génie local, sans oublier de normaliser leurs efforts par des brevets et autres propriétés intellectuelles;
  • Renforcer l’effectivité des recettes de l’État qui inclus la déclaration des biens des responsables d’institutions et des super-fonctionnaires;
  • Rendre les commettants imputables, améliorer l’efficacité et l’impact des dépenses publiques;
  • Rendre possible l’égalité de change pour la poursuite du bonheur collectif :
    • Déployer une stratégie agropastorale pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, dont la formation agricole, des plans dynamiques et la maitrise de l’eau. Il faut relever le niveau technique de l’agriculture avec du matériel adapté, optimiser les intrants, valoriser les terres, reformer l’agro-foncière, privilégier les essences durables en agroforesterie
    • Adopter une politique de revalorisation du secteur informel (plus de 50% du PIB et 60% des emplois);
    • Privilégier et vulgariser la formation professionnelle pour le développement à la base, afin de donner des perspectives aux jeunes, en créant des pôles de formations dans chaque région; et donner une cible de formation en stage au secteur privé, de même que public;
    • Encourager l’émergence d’entrepreneurs, d’industriels et d’experts locaux pour renforcer la vibre économique patriotique;
  • Accompagner et revaloriser le secteur informel, le plus grand créateur de valeur ajoutée au Togo, et le professionnaliser avec le temps;
  • Stimuler la productivité, la compétitivité dans les secteurs de croissance et renforcer le secteur des énergies, tout en améliorant l’accès universel social et sanitaire;
  • Faire l’exploration et la prospection des ressources du Togo et adopter un code moderne;
  • Bannir le culte de l’homme providentiel et que les politiciens aient l’écoute pour les experts, les techniciens autour d’eux.

Ensemble, filles et fils braves du Togo, nous pouvons encore espérer « Faire encore de toi sans nous lasser, Togo chéri, l’or de l’humanité » avec des dirigeants nouveaux,compétents qui t’aiment…

Assemblée générale de CODITOGO: DÉCLARATION DE FREIBURG 2022

Assemblée générale de CODITOGO: DÉCLARATION DE FREIBURG 2022

Les 5, 6, et 7 août 2022, CODITOGO s’est réunie en Assemblée générale à Freiburg en Allemagne, afin de définir de nouvelles orientations et stratégies, pérenniser les acquis de Dakar, et consolider la dynamique unitaire pour une meilleure efficacité de ses actions au niveau de la Diaspora togolaise.

Au sortir de cette Assemblée générale, nous membres de CODITOGO, après analyse de la situation politique au Togo et en Afrique, faisons la déclaration suivante :

En ce qui concerne notre pays, le Togo :

Considérant l’évolution sociopolitique dégradante de notre pays, marquée notamment par :

  • une paupérisation avancée des populations sous l’effet conjugué de la mal gouvernance, de la cherté de la vie, des crises sanitaire et sécuritaire ;
  • un recul considérable des acquis démocratiques obtenus de hautes luttes par le Peuple souverain ;
  • la confiscation de toutes les libertés individuelles et collectives ;
  • l’embastillement et la maltraitance de centaines de nos compatriotes dans des prisons à cause de leurs opinions politiques ;
  • l’instrumentalisation et la mise au pas de diverses institutions de la République, notamment le pouvoir judiciaire et les forces armées togolaises ;
  • une opposition complètement divisée ;
  • un peuple marqué par plusieurs années de lutte, martyrisé et traumatisé par la terreur savamment orchestrée par le régime et son armée ;
  • une diaspora dont plusieurs de ses membres sont kidnappés, torturés et détenus dans des conditions inhumaines ;

Considérant que cette situation de crise et de dérive autocratique est le signe d’un retour systématique aux années de plomb du régime du parti unique ;

Considérant que la persistance de ces pratiques plongerait à coup sûr le Togo dans un gouffre d’instabilité et de violence politiques aux lendemains incertains pour notre Peuple ;

Considérant qu’il urge de mettre fin le plus tôt possible à ce régime prédateur dont l’ambition inavouée est de s’éterniser au pouvoir ;

Considérant que le Peuple togolais, demeure debout et déterminé pour la lutte citoyenne et la libération de notre pays ;

Considérant la duplicité de la Communauté internationale qui a choisi de protéger la dictature au service de ses intérêts au Togo ;

CODITOGO :

  • Exige la libération immédiate de tous les détenus politiques ainsi que des membres de la Diaspora togolaise actuellement emprisonnés ;
  • Demande le retour au Togo des personnes contraintes à l’exil et la prise de mesures adéquates pour assurer leur sécurité ;
  • Félicite le Peuple togolais pour son courage et sa détermination à arracher par tous les moyens pacifiques sa liberté des mains de la minorité pilleuse ;
  • Appelle le Peuple togolais à la résistance citoyenne et à prendre son destin en main en s’organisant pour se débarrasser de la dictature en place au Togo;
  • Appelle également à un changement de paradigme de la lutte et lance un appel pressant à l’opposition et à toutes les forces vives de la nation à taire leurs différends ;
  • Invite l’opposition démocratique et les organisations de la société civile à organiser un forum pour débattre des bases d’une synergie autour d’une vision et d’un programme communs capables de libérer le Togo ;
  • Invite toute la Diaspora togolaise à un sursaut patriotique pour une unité d’actions dans l’optique de la libération de notre pays ;
  • Lance un appel pressant à l’armée togolaise pour assurer effectivement son devoir républicain de protection des populations et de défense de l’intégrité territoriale.

En ce qui concerne l’Afrique:

Considérant la prise de conscience accrue de la jeunesse africaine pour la renaissance et la refondation de l’Afrique ;

Entendu que le système impérialiste a déjà adopté de nouvelles stratégies de recolonisation de l’Afrique ;

Considérant que les Africaines et les Africains doivent tout faire pour éviter les pièges d’une libération et d’une refondation au rabais de leur continent ;

CODITOGO :

  • Lance un appel pressant à la Diaspora africaine de s’approprier rapidement la réflexion pour un panafricanisme plus engagé, dans les domaines de la monnaie, du développement et de la coopération pour jeter les bases de l’Afrique de demain ;
  • Félicite le Peuple malien pour son courage et sa détermination à s’affranchir de la vassalité.

Enfin, CODITOGO remercie :

  • toutes les associations et personnes ressources qui ont participé à l’AG, particulièrement celles venues d’Afrique, d’Europe et d’Amérique ;
  • la Diaspora togolaise en Allemagne et plus particulièrement les Togolaises et Togolais de Freiburg pour leur disponibilité et leur accueil chaleureux ;
  • Radio Avulete, Kanal K et First Info TV pour avoir assuré la couverture médiatique des travaux.

Fait à Freiburg im Bresgau, Allemagne,  le 7 août 2022

L’Assemblée générale de CODITOGO

 

M. Alphonse Lawson-Hellu, nouveau Coordinateur général de CODITOGO élu pour six mois, au micro de Sylvain Amos de Radio Avulété et Kanal K.

Freiburg 2022: fin de l’assemblée générale de CODITOGO, que retenir?

Freiburg 2022: fin de l’assemblée générale de CODITOGO, que retenir?

Ottawa, 8 août 2022

Par Kossi Djani

Les rideaux sont tombés dimanche dernier à Freiburg (Allemagne) sur la deuxième assemblée générale (AG) statutaire de CODITOGO, la Coalition de la Diaspora Togolaise pour l’Alternance et la Démocratie. Cette AG rendue possible notamment par l’assouplissement des règles de transport international en cette période de pandémie, a permis aux délégués des associations et personnalités membres d’atteindre les objectifs attendus.

Au préalable, rappelons que CODITOGO, la Coalition de la diaspora togolaise pour l’alternance et la démocratie (CODITOGO), est une organisation qui regroupe  diverses associations et personnalités de la diaspora togolaise. Ses membres partagent  une vision commune, celle des apports de la diaspora pour bâtir un Togo démocratique, un pays avec des institutions fortes,  une nation unie pour un développement socio-économique et culturel qui intègre l’épanouissement et l’égalité des citoyens. Née à Paris le 9 décembre 2017 et portée sur les fonts baptismaux à Dakar (Sénégal) le 3 mars 2018, elle est une organisation non-partisane de la société civile pour la démocratie et le développement du Togo dans un contexte panafricaniste.

Que retenir de cette AG de Freiburg?

Cette AG statutaire de CODITOGO avait quatre objectifs: faire une mise à jour des statuts de l’organisation en tenant compte de l’expérience de son fonctionnement depuis l’AG de Dakar, renouveler son équipe de direction, faire le point sur l’état de la situation socio-politique et économique du Togo et redéfinir les orientations possibles pour obtenir l’alternance démocratique au Togo. Concernant tous ces points, les participants ont exprimé leur satisfaction de les avoir atteints adéquatement même si, pour certains, l’effectif des participants aurait pu être plus considérable.

  1. Mise à jour des statuts

L’AG a procédé à une restructuration de l’organigramme de CODITOGO. Principalement, c’est l’article 12 relatif au Conseil Supérieur (CS) qui a été modifié, précisément l’alinéa 1 portant composition du CS. Le Conseil supérieur est « l’instance administrative de CODITOGO entre deux assemblées générales (…)investi de tous les pouvoirs qui ne sont pas statutairement réservés à l’Assemblée générale pour gérer, administrer et diriger l’organisation »; il est « chargé d’exécuter les décisions de l’Assemblée générale » et de faire « le bilan à mi-parcours des activités de CODITOGO ».

La modification de l’alinéa 1 de cet article introduit un principe majeur, celui d’une présidence tournante associative. En effet, jusque-là, le CS était dirigé par un coordinateur général élu pour trois ans par l’AG. Le nouveau texte voté instaure une présidence rotative du poste de coordinateur général afin de donner une place prépondérante aux associations membres en règle. Précisément, à compter du 1er septembre 2022, un président d’une association membre à jour selon les textes dirigera l’organisation pour une durée de six mois renouvelable une fois. Il revient au président du Mouvement de la diaspora pour un Togo Nouveau (MTN), M. Alphonse Lawson-Hellu, de prendre les rênes de CODITOGO.

La modification de cet alinéa a introduit aussi un nouveau poste, celui de Commissaire exécutif. Le commissaire exécutif est élu pour trois ans. Dans cette rotation de la présidence de CODITOGO, le commissaire exécutif facilitera la coordination des activités de l’organisation notamment par son appui aux différents coordinateurs généraux et sera le reflet de la permanence de ses activités. La première Commissaire exécutive élue est Mme Louise Montus, une femme pragmatique et une panafricaniste de conviction.

Mme Louise Montus, la Commissaire exécutive du nouveau CS au micro de Sylvain Amos de Radio Avulété et de Kanal K. Elle donne son impression sur l’AG.

  1. La nouvelle équipe de CODITOGO

Une nouvelle équipe du Conseil supérieur (CS), l’instance dirigeante de CODITOOGO, a été élue pour trois ans à l’exception du Coordinateur général.  Voici sa composition :

  • Coordinateur général (pour 6 mois): association MTN (M. Alphonse Lawson-Hellu)
  • Commissaire exécutive: Mme Louise Montus
  • Secrétaire général: M. Franck Agbekponou
  • Secrétaire général adjoint: M. Celse Kafui Amédin
  • Trésorier général: M. Athanase Bohm
  • Trésorière générale adjointe: Mme Blandine d’Almeida
  • Responsable de la commmunication: Mme Rachel Demorest
  • Responsable adjoint à la communication: M. Elhadj Adam
  • Conseiller politique et stratégique: Me Raphaël Kpande-Adjare
  • Coordinateur Amérique du Nord: M. Raphaël Gbadoe
  • Coordinateur Afrique: M. Marcel Kpognon
  • Coordinateur Europe: M. Florent Adjivon
  • Commissaire vote et recensement: M. Philippe Amedodji
  • Commissaire à la mobilisation: M. Nicolas Awume
  • Commissaire Droits de l’Homme: M. Kpodar Folly Gbetey
  • Commissaire Communication: M. Patrick Mensah
  • Commissaire à l’organisation : Mme Chimène Togbetsè

Les Conseillers à la coordination en charge de :

  • la diplomatie : Théo Agopome
  • la diaspora et à l’organisation : Édouard Bruce
  • affaires politiques : Raymond Ayivi.

Les membres élus du nouveau Conseil Supérieur, l’instance dirigeante de CODITOGO, chantant un refrain de l’hymne national du Togo

  1. L’état de la situation socio-politique et économique du Togo

C’est à travers deux conférences que CODITOGO a introduit les débats sur l’état de la situation socio-politique et économique du Togo et les solutions possibles pour l’alternance démocratique dans notre pays.

La première conférence intitulée L’état de la gouvernance et de la gestion des ressources  au Togo et leurs impacts
a été animée par M. Pascal Adjamagbo, Professeur à la Sorbonne,  M. Dany Ayida, Expert en gouvernance et développement et ancien résident directeur du National Democratic Institute (NDI) en RDC, et M. Joseph Atounouvi, Conseiller en recherche et planification socio-économique au Ministère des transports du Québec (Canada).  Les intervenants ont souligné dans cette présentation, les bases socio-économiques et politiques posées dès la période de l’indépendance par le gouvernement de Sylvanus Olympio, certaines tentatives de programmes économiques des régimes qui ont suivi, tentatives dont ils constatent aujourd’hui l’échec (exemple du Programme National du Développement, PND). À entendre ces intervenants, le système politique au pouvoir actuellement au Togo est un espace fermé et le Togo est un pays où les inégalités économiques sont croissantes. Ils ont présenté l’état de la situation économique du Togo marquée par un surendettement, l’inefficacité de l’administration, le bradage des domaines de l’État, la captation des deniers publics par une minorité et  les conséquences de toutes ces situations sur les citoyens.
Des pistes de solution ont été aussi suggérées à savoir : rendre l’administration, inclusive et accessible avec une « déclaration de service », réduire le train de vie de l’État en dégraissant les avantages (bons d’essence, frais de services, primes de voyages et autres) et contrôler les charges, faire de l’imputabilité le crédo de la gestion publique et augmenter l’effectivité de la perception des recettes, faire l’exploration et la prospection des ressources minières du Togo et adopter un code moderne, ne jamais abandonner le front politique, constituer une force politique avec des propositions pour avancer, soutenir financièrement  le front citoyen de la lutte, innover politiquement dans l’opposition en tenant compte des méthodes nouvelles de fonctionnement du parti au pouvoir.

La seconde conférence, Comment dénouer la crise politique togolaise et parvenir à l’alternance démocratique?,  a été co-animée par  M. Senouvo Agbota Zinsou, écrivain et metteur en scène togolais, et  Me Raphaël Kpandé-Adjaré, avocat au barreau de Lomé. M. Senouvo Agbota Zinsou a fait une topographie de la crise politique togolaise, ses origines internes et externes au territoire togolais depuis l’assassinat de Sylvanus Olympio, premier président du Togo et père de l’indépendance politique. Me Raphaël Kpandé-Adjaré a précisé ensuite le sens de l’alternance démocratique comme une succession au pouvoir entre deux différents partis politiques, laquelle succession implique des élections démocratiques. Pour l’homme de droit, « ce qui pose problème,  ce ne sont pas les élections comme mode de désignation d’un candidat de régulation de la Nation, mais les conditions desdites élections ».  Il a ainsi mis en exergue les différents facteurs explicatifs du défaut d’alternance au Togo, facteurs essentiellement institutionnels, le rôle de répression des Forces Armées Togolaises, avant de proposer des pistes possibles pouvant aider à parvenir à une l’alternance démocratique. Pour lui, l’alternance politique au Togo passe nécessairement par une transition démocratique, l’unité de l’opposition politique togolaise qui passe par la jonction des forces des partis politiques et de la société civile et, pour tous ces acteurs, l’urgence de mettre en avant l’intérêt national plutôt que des avantages partisans.

Me Raphaël Kpandé-Adjaré au micro de Sylvain Amos de Radio Avulété et de Kanal K.

  1. Les orientations de l’AG de Freiburg

Les débats et travaux internes qui ont suivi les conférences ci-dessus mentionnées ont  abouti à une déclaration officielle des participants dite « Déclaration de Freiburg ».  CODITOGO, dans ladite déclaration, notamment:

  • exige entre autres du gouvernement togolais, la libération immédiate de tous les détenus politiques, le retour au Togo des exilés politiques,
  • invite « toutes les forces vives de la nation à taire leurs différends »  et à procéder à un « changement de paradigme »
  • « invite l’opposition démocratique et les organisations de la société civile à organiser un forum pour débattre des bases d’une synergie autour d’une vision et d’un programme communs capables de libérer le Togo »

Au-delà de l’AG de Freiburg…

Pour les acteurs de la société civile togolaise présents à Freiburg ainsi que les observateurs de cette assemblée générale, la rencontre de Freiburg a été un succès, succès d’avoir réuni dans le contexte pandémique actuel et la situation politique togolaise, des délégations de trois continents – Afrique, Amérique et Europe – afin de réfléchir ensemble sur l’avenir de notre patrie, succès d’avoir mis à jour les textes de fonctionnement de CODITOGO, succès d’avoir mis en route un nouveau bureau (le Conseil Supérieur), pour trois ans.  Bref, les objectifs assignés ont été atteints. Cependant, plusieurs défis restent à relever sur plusieurs plans.

Le premier est la mise en œuvre des orientations de Freiburg par le nouveau Conseil Supérieur (CS). L’action du CS va être déterminante aussi bien pour la libération des prisonniers politiques que la cohésion des partis de l’opposition togolaise et des forces de la société civile. S’il est vrai que CODITOGO travaille déjà avec la société civile togolaise pour obtenir la libération des détenus politiques, les résultats demeurent encore en dessous des attentes même si des progrès ont été faits. Il s’agira pour le CS de faire le bilan de la méthode de fonctionnement actuel et voir comment l’améliorer sans oublier la possibilité d’ouvrir des discussions directes avec le gouvernement togolais pour la libération de concitoyens arbitrairement détenus. Concernant l’unité de l’opposition, CODITOGO devra jouer un rôle considérable pour rendre possible le forum de discussion entre les partis politiques et la société civile, forum auquel il appelle pour réaliser la cohésion des forces vives de l’opposition et de la société civile.

Le deuxième défi est l’engagement de la diaspora. Des millions de Togolaises et Togolais vivent en dehors du Togo, surtout en Afrique, en Europe et en Amérique. Nous sommes nombreux à dire vouloir « faire du Togo l’or de l’humanité », mais très peu d’entre-nous s’engagent véritablement  quand vient le moment de le faire. Pourtant les critiques fusent de partout quand les volontaires qui s’engagent font des erreurs. Le CS a un travail de sensibilisation et de prise de conscience à faire auprès de la diaspora qui doit comprendre les défis financiers, le manque de bénévoles pour rédiger des textes, animer les services de communication, pour recueillir et classifier des documents d’informations-clés, bref divers besoins auxquels l’organisation fait face pour appuyer la lutte pour l’alternance dans notre patrie. Faire des contributions financières mensuelles aussi petites soient-elles sera d’une aide importante si les contributions sont faites sur une base régulière.

C’est le lieu de féliciter les membres sortant du CS notamment Raymond Ayivi, ex-Vice-coordinateur puis ex-Coordinateur général,  qui a beaucoup donné en particulier ses deux dernières années pour la réussite des actions de CODITOGO.

M. Raymond Ayivi, ex-Vice Coordinateur, ex-Coordinateur général, au micro de Sylvain Amos de Radio Avulété et de Kanal K.

Puissions-nous, ensemble avec le nouveau Conseil Supérieur, agir pour avancer dans la construction d’un Togo démocratique, uni et prospère!

Libérez TAGBA Djafarou. Détenu à la prison civile de Lomé

Libérez TAGBA Djafarou. Détenu à la prison civile de Lomé

Né le 6 octobre 1981 à Kara (Préfecture de la Kozah), commerçant, marié et père de 4 enfants en bas âge, TAGBA Djafarou a été arbitrairement arrêté dans l’Affaire « Tigre Révolution » le 23 novembre 2019, dans sa boutique à Attiegou, par des gendarmes qui recherchaient l’oncle de sa femme, impliqué dans une affaire qu’il jugeait quelconque car on n’a même pas daigné alors lui en expliquer les tenants et les aboutissants.
Dès qu’ils se sont saisis de lui, c’est sur champ que ces gendarmes ont commencé à lui infliger des coups, le passant sauvagement à tabac pour briser toute résistance de sa part. Suite à quoi il a été menotté et cagoulé puis enlevé, de fait comme otage à la place de l’oncle de sa femme recherché, pour être conduit dans un lieu de détention secret jusqu’aujourd’hui inconnu de lui et où il a été détenu pendant 46 jours.

Extrait chaque jour de la pièce où il est détenu, on lui fait subir des traitements inimaginables et atroces car cruels, inhumains et dégradants comme tous ceux qui ont été arrêtés dans cette affaire « Tigre révolution » que le journal Le Rendez-vous présente dans son N° 353 du 06 novembre 2020 comme une « affaire rocambolesque au centre de laquelle se trouve un individu trouble dit « Master Tiger », naviguant entre le Togo, le Ghana et plusieurs pays d’Europe dont la Hollande, l’Angleterre, et la Belgique, libre à ce jour de ses mouvements et soupçonné de liens controversés avec la Police. (…)
Détenus au Camp des gardiens de préfecture (Camp GP) à Agoè-Logopé, et dans les lieux de détention secrets de l’ancienne Agence nationale de renseignement (ANR), les mauvais traitements auraient conduit au décès de cinq d’entre eux. »
A propos de ces mauvais traitements, le journal Le Rendez-vous a donné, dans son même numéro précité, les détails suivants :
« Une victime encore détenu témoigne de ce qu’elle a vécu. De son témoignage, nous vous ferons économie de certains détails pour protéger sa vie : « quand ils m’ont pris, ils m’ont amené au camps GP comme beaucoup d’autres, ils nous prennent à différents endroits mais on connaît les mêmes traitements. Ils m’amènent dans la salle d’audition menotté et jeté par terre. Un commandant vient et me fait approcher de la table autour de laquelle il y avait 4 autres chaises et ils m’interrogent. Ils m’interrogent sur l’affaire Tiger. J’ai dit je n’en sais rien. Ils ont insisté. Actuellement mon portable …, ils ont tout fouillé sans rien voir…, je ne peux pas tout dire. Ils me demandent d’après un ami et je dis je le connais mais je ne sais où il habite. Il ne loge pas chez moi. Alors ils ont commencé à me rouer de coups toujours menotté. Je leur demande de fouiller mon téléphone, j’étais interrogé entre deux scènes de torture. Ils m’ont amené en cellule et de temps en temps ils me ramènent dans cette salle pour frapper et torturer afin que je dise quelque chose qui me culpabilise. Ils n’ont rien obtenu. Pour dormir, ils me gardent toujours avec les mains menottées par derrière jusqu’au petit matin. Ils faisaient tout pour que j’invente quelque chose qui me compromette avant qu’ils arrêtent de me torturer. A un moment donné, ils m’ont proposé un deal, je devrais dire que……. Avant moi, ils ont proposé ces deals à beaucoup d’autres amis d’infortune. Nous tous on est arrêtés dans différentes circonstances, à différentes dates, souvent on ne se connait pas. Mais on se rejoint sur une chose, tout le monde a refusé ce qu’on lui propose de dire pour soi-disant avoir sa liberté ou obtenir tel ou tel avantage. Ce refus unanime de ce qu’ils appellent eux-mêmes « collaboration », nous a coûté cher, certains en sont morts. Je résiste à leur proposition, pour me pousser à accepter dans les moments du deal, ils menottent ma main contre mon pieds avant que je dorme la nuit. Quand on est arrivé, des semaines durant, il ne suffit pas d’avoir les moyens pour manger comme on veut. Aucune famille ne sait qu’on est là-bas. Pour manger, on ne doit pas dépenser plus de 200 F CFA par jour malgré que ce soit notre propre argent que nous avons sur nous. Donc comme unique menu de toute la journée, on n’a pas droit à un repas de valeur supérieure à 200 FCFA. Si éventuellement ton argent finis sur toi, tes amis peuvent te dépanner. Donc notre organisme a droit à 1 400 F CFA pour 7 jours. On vous couche et on vous frappe dans les plantes des pieds, pour marcher de la cellule à la salle des interrogations, c’est une corvée. Deux semaines après, on nous a présentés à la presse. Devant le commandant, on dit à certains d’entre nous de dire qu’ils sont initiateurs du projet et que c’est tel ou tel qui sont les cerveaux. Ils nous informent qu’ils vont nous amener quelque part où nous allons nous approprier un projet de violence que nous ne connaissons pas afin d’être libres. On ne sait où. La voiture arrive. On se retrouve à la Sûreté. Pendant que nous y étions, on voit un autre camion décharger des armes blanches et tout ce que vous avez vu à la télévision. Nous avons alors compris qu’ils veulent nous passer à la place publique sur les médias. Certains parmi nous étaient choisis par eux pour tenir certains discours. Certains ont dit le contraire et le commandant n’était pas d’accord. On nous a ramené au camp. Certains d’entre nous qu’on a préparés pour dire des choses qu’ils n’ont pas accepté dire ont été sévèrement torturés pour avoir trahis la « collaboration ». Après, on nous a présenté au procureur. De là, on est jeté en prison et depuis lors, rien n’a bougé. On ne nous dit rien ».

Témoignage d’un malade : « Depuis que nous sommes là-bas, on nous frappe trois fois par jour : le matin à 6H 30, à 12H 30 et le soir à 17H 30 ; c’était un exercice où on te couche pour te frapper en désordre tantôt sur le ventre tantôt sur le dos. Depuis notre détention, il y a presqu’un an, on ne mange qu’un riz préparé sans sel ni piment, on a jamais vu la pâte ou autre repas. La nourriture est notre première source de maladie, nous tous on a les plaies dans le ventre. On est ensemble, mais on ne se parle jamais, l’échange est interdit». Nous vous faisons économie de certains témoignages.
Depuis quelques semaines, les détenus clandestins depuis des mois sont amenés et gardés en isolement dans la Prison de Lomé, certains d’entre eux au Cabanon. Parmi ces détenus ramenés des lieux de torture et gardés à la Prison civile de Lomé, se trouvent 4 de nationalité béninoise. Nous avions pu joindre leur famille au Bénin pour leur annoncer que leurs fils sont en détention à Lomé. Au téléphone, c’était des cris incontrôlés de joie, cette famille au Bénin comptait depuis ses enfants de l’autre côté de la rive. C’était comme une équipe venait de marquer un but dans une compétition serrée.
Ce qui est grave est qu’ils sont gardés au camp GP pour y être torturés alors qu’ils sont enregistrés pour être à la Prison civile de Lomé (PCL). En effet, ils sont enregistrés à la PCL alors que c’est le Camp GP, qui n’a pas de gardes pénitenciers, qui les garde en clandestinité. Oui, évidement, le Camp GP est sur le registre de la Prison civile or ce camp n’a pas de gardes pénitentiaires. En lieu et place des gardes pénitentiaires à qui on a appris l’art de s’occuper d’un détenu, au camp GP, le détenu est à la merci des tortionnaires qui se défoulent sur lui tous les jours. Comme menu, il leur est servi une fois par jour un riz venant du Camp FIR. Ce riz, les détenus l’appellent béribéri. Les juges instruisent des dossiers et les présumés coupables sont détenus dans les couloirs de la mort sans que cela ne fasse sourciller personne. C’est aussi ça la justice au Togo. Le doyen des Juges Yacenth Adjolé en sait beaucoup dans cette affaire de détentions clandestines sur fond de tortures et morts d’hommes. (…) »

C’est le cas pour TAGBA DJAFAROU qui, le 8 janvier 2020, a d’abord été transféré du lieu de détention secret où il était gardé depuis son arrestation le 23 novembre 2019 au camp GIPN d’Agoè-Logopé avant d’être présenté, deux jours plus tard et au bout de ce calvaire, à la Justice togolaise qui, totalement inféodée au pouvoir politique togolais, le défère à la Prison civile de Lomé, le 10 janvier 2020.
Alors que, lors de son audition par le juge d’instruction, celui-ci l’a rassuré qu’une fois retrouvé l’oncle de sa femme qu’on recherchait comme présumé coupable dans l’Affaire « Tigre révolution », il recouvrirait sa liberté, il n’en a rien été. Car, malgré que celui-ci ait été retrouvé au début du mois de février 2020 et inculpé pour cette affaire « Tigre révolution », il n’a toujours pas encore recouvré sa liberté.
Transféré le 14 juin 2020 à l’ancienne direction générale de la Gendarmerie nationale togolaise, en face de la BIDC et de la BOAD, TAGBA Djafarou y est détenu avec 72 autres prisonniers politiques ou non, dans une mini villa où ils vivent continuellement dans le noir, sans voir le soleil au quotidien et sans être autorisés à sortir dans la cour de la maison sauf en cas de maladie où ils sont conduits à l’infirmerie ou à l’Hôpital. C’est sous ce régime, qui est une autre forme de torture, qu’ils vivent depuis lors.

Parce que TAGBA Djafarou souffre actuellement de différentes pathologies dues aux maltraitances et autres traitements cruels, inhumains et dégradants qu’il a subis tout au long de son arrestation et de sa détention comme les 76 autres prisonniers politiques de l’Affaire « Tigre Révolution », il doit être libéré immédiatement et sans condition comme le prescrivent le Code pénal togolais et les instruments internationaux ratifiés par l’Etat togolais.

 

Le Capitaine Casimir DONTEMA

Le Capitaine Casimir DONTEMA

Le Capitaine Casimir DONTEMA

Arrêté en 2009, jugé et condamné en 2011 à 15 ans de prison, il est détenu à la Prison civile de Sokodé en dépit du jugement de la Cour de justice de la CEDEAO et du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire qui ont demandé sa libération.